pour ne pas laisser de moi une image fausse, fût-elle vraisemblable. Je savais que nul n’est capable de se connaître entièrement et d’entièrement se montrer. Nous sommes des animaux mimétiques, dont l’astuce et l’intrinsèque lâcheté s’accordent journellement à la couleur des circonstances, et nous nous déguisons d’abord, avant de nous analyser. En outre, nous sommes pervers de naissance. Pour un propos honorable, que de feintes, que de succédanés, de contrefaçons ! J’étais décidé, cependant, à aller jusqu’au bout de ma détermination. A descendre au plus profond, et à enserrer dans la rigueur de l’écrit la sincérité de mes pensées et de mes sentiments. Plus cette rigueur serait exigeante, et plus la marge laissée au truquage serait étroite.